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27 décembre 2025

Unlumen, c’est d’abord un choix de design

Retour sur les inspirations, les décisions et la philosophie qui ont façonné le design d’Unlumen.

10 min de lecture

Unlumen, c’est d’abord un choix de design
design
startup
philosophie

Unlumen est né d’un choix de design

Dans le monde des startups, on commence souvent par des idées abstraites : un marché à conquérir, un produit à inventer, une équipe à monter. Nous avons choisi une approche différente, en posant le design comme fondation. Nous envisageons le design comme une discipline qui structure la pensée et guide chaque décision, bien au-delà de la simple décoration. C'est une méthode pour éviter les impasses, pour construire sur des bases solides plutôt que de corriger sans cesse les erreurs.

Je m'appelle Léo, je conçois des interfaces et je développe des sites. Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont une page respire, comment elle invite à la lecture sans imposer sa présence. Cet article explore les choix qui ont façonné Unlumen, en espérant que cela éclaire ceux qui se lancent dans l'aventure du web.


Pourquoi tant de sites se ressemblent

Observez les sites les plus utilisés : Google, Apple, ou même des outils comme Notion. Ils partagent une austérité commune — fonds clairs ou sombres, typographies nettes, palettes réduites, espaces généreux. Au premier regard, on pourrait croire à un manque d'imagination, une uniformité lassante. Pourtant, cette ressemblance révèle une sagesse collective.

Ces sites ont compris que l'attention de l'utilisateur est précieuse. Ils éliminent le superflu pour se concentrer sur l'essentiel : guider l'œil, faciliter la compréhension, réduire la fatigue cognitive. C'est une économie de moyens qui repose le regard, comme un jardin zen où chaque élément trouve sa place naturelle. Un site efficace sert sans se faire remarquer, préférant l'utilité à l'éblouissement.

Il y a une raison pour laquelle les interfaces de lecture, les éditeurs de texte et les outils de productivité convergent vers cette esthétique. Cette convergence marque une évolution vers l'optimal, loin des effets de mode. Quand on enlève le bruit, il ne reste que le signal. Et dans un monde numérique assourdissant, le silence visuel devient le luxe ultime.


Retenir plutôt qu’impressionner

Le design moderne est souvent tenté par le spectaculaire : animations complexes, gradients audacieux, effets visuels qui captent l'œil. Mais le spectacle, comme un feu d'artifice, détourne l'attention de ce qui compte vraiment. La clarté, elle, concentre l'énergie sur le message.

Nous avons choisi de donner de l'air aux éléments importants, de couper ce qui encombre, comme un sculpteur taille la pierre pour révéler la forme pure. Cela signifie privilégier la lisibilité sur l'esthétique gratuite, la fonction sur la forme. Dans un monde saturé d'informations, cette retenue devient un avantage stratégique : elle permet à l'utilisateur de se concentrer sur son objectif, sans distractions inutiles.

C'est un pari risqué. Dans un portfolio, un site sobre peut paraître vide à côté d'une démo technique éblouissante. Mais à l'usage, jour après jour, c'est la sobriété qui gagne. L'utilisateur ne vient pas pour admirer votre code CSS, il vient pour trouver une réponse, acheter un produit, ou comprendre une idée. Chaque seconde passée à déchiffrer une interface "créative" est une seconde perdue pour lui. Notre travail est de lui rendre ce temps.


Une palette sobre

Notre palette se limite à trois tons : noir, blanc cassé, nuances de gris. Ce choix n'est pas arbitraire ; il découle d'une réflexion sur la perception humaine. Les couleurs vives attirent l'œil, mais elles fatiguent aussi. Le monochrome, au contraire, crée un cadre neutre où le contenu s'exprime librement.

Le blanc cassé, en particulier, joue un rôle subtil. Contrairement au blanc pur qui peut être agressif sous un écran, il adoucit la lecture, prolonge l'attention. C'est une leçon apprise des journaux et des livres : un fond discret met en valeur le texte, invite à la contemplation plutôt qu'à la hâte. En design web, cela se traduit par une meilleure rétention des utilisateurs et une expérience plus confortable.

La couleur s'utilise ici avec parcimonie, comme une épice qui relève le plat sans le masquer. Une touche de bleu pour un lien, un accent rouge pour une erreur. C'est tout. Cette parcimonie donne du poids à chaque touche de couleur. Quand tout est coloré, rien ne ressort. Quand tout est gris, le moindre point de couleur devient un signal puissant. C'est ainsi que nous guidons l'utilisateur, sans avoir besoin de crier.


La typographie comme règle

Architecture invisible du site, la typographie dépasse le simple rôle cosmétique. Chaque taille, chaque graisse, chaque espacement définit une hiérarchie qui guide la lecture. Une police trop lourde écrase le contenu, tandis qu'une trop fine rend la lecture pénible.

Nous avons opté pour des polices sans serif, comme Inter ou Helvetica, pour leur neutralité et leur lisibilité à l'écran. Les titres en gras structurent l'information, les paragraphes en corps standard assurent le confort. C'est un réglage fin, comme accorder un instrument : trop serré, et ça casse ; trop lâche, et ça manque de précision. Une bonne typographie rend la lecture fluide, presque inconsciente, permettant au lecteur de se plonger dans le contenu sans effort.

Mais la typographie va au-delà du choix de la police. C'est aussi une question de rythme vertical. L'espace entre les lignes, l'espace entre les paragraphes, l'espace entre les sections. Ce rythme crée une musique visuelle. Un texte trop dense étouffe ; un texte trop aéré se disperse. Trouver le juste milieu, c'est offrir au lecteur une cadence qui l'entraîne jusqu'au bout de la page. C'est là que réside le véritable artisanat du web designer.


Ce que j’ai appris

Avant Unlumen, j'ai participé à un projet similaire avec des amis. Nous avions des idées ambitieuses : un site multifonctionnel, des animations sophistiquées, une palette colorée pour refléter notre créativité. Le résultat ? Un produit confus, où les utilisateurs se perdaient dans les options, et nous dans les corrections incessantes.

Nous avions multiplié les styles sans cohérence, ajouté des features sans nécessité. Les clients hésitaient, les retours étaient mitigés. Cette expérience m'a enseigné une leçon cruciale : la contrainte, bien plus que l'abondance, engendre la qualité. En limitant les choix, nous forçons l'excellence. Un design qui essaie de tout dire finit par ne rien dire du tout.

J'ai appris qu'il est facile d'ajouter, mais difficile de soustraire. Ajouter une fonctionnalité rassure : on a l'impression de faire plus. Enlever demande du courage : on a peur de manquer. Pourtant, c'est dans ce retrait que se trouve la valeur. Un produit qui fait une seule chose parfaitement vaut mieux qu'un couteau suisse émoussé. C'est cette philosophie de la soustraction que nous appliquons désormais à chaque projet Unlumen.


Une méthode claire

Pour éviter ces écueils, nous avons établi une méthode rigoureuse. Les briefs sont précis, les étapes clairement définies, les livrables alignés sur les attentes. Cela crée une transparence qui rassure les clients et optimise notre travail.

Nous proposons deux approches complémentaires : le sur-mesure pour les besoins spécifiques, où chaque détail est pensé pour le client ; et les templates adaptés, qui offrent une base solide et une personnalisation rapide. Cette dualité permet de répondre à des contraintes budgétaires variées tout en maintenant une qualité constante. Chaque projet trouve son cadre, évitant les dérives et les surprises.

Cette méthode n'est pas rigide, elle est structurante. Elle nous libère de la gestion du chaos pour nous concentrer sur la création de valeur. Quand le processus est clair, l'esprit est libre pour résoudre les vrais problèmes. Nous ne passons plus notre temps à éteindre des incendies, mais à construire des édifices durables. C'est la différence entre l'amateurisme enthousiaste et le professionnalisme serein.


Laisser de la place

Un design réussi ne se contente pas d'être beau ; il doit évoluer. Nous avons conçu Unlumen pour laisser de l'espace : au contenu qui change, aux images qui s'ajoutent, aux idées des clients qui évoluent. C'est une architecture flexible, comme une maison qui s'adapte aux besoins sans nécessiter une reconstruction complète.

Cette approche anticipe l'avenir. Elle permet d'intégrer de nouvelles fonctionnalités sans casser l'harmonie générale. En design, comme en architecture, la solidité vient de la simplicité : des composants modulaires, des règles cohérentes, une base qui supporte la croissance.

Nous concevons nos sites comme des organismes vivants, capables d'évoluer, plutôt que comme des monuments figés. Ils doivent pouvoir grandir, changer, s'adapter. C'est pourquoi nous insistons tant sur les systèmes de design plutôt que sur les pages isolées. Un système est résilient ; une page est fragile. En livrant un système à nos clients, nous leur donnons les clés de leur propre autonomie, pour que leur site vive longtemps après notre départ.


Pour finir

Je ne prétends pas avoir trouvé la formule universelle du design. Mais je crois que la retenue, lorsqu'elle est choisie consciemment, devient une force. Elle transforme la simplicité en élégance, la clarté en efficacité.

Si Unlumen réussit, ce sera grâce à ces choix : un design qui sert l'utilisateur avant tout, qui simplifie là où d'autres compliquent. C'est une philosophie qui guide notre travail quotidien, et j'espère qu'elle inspirera d'autres créateurs à privilégier l'essentiel.

Le design constitue un moyen, jamais une fin en soi. Un moyen de rendre le monde un peu plus lisible, un peu plus calme, un peu plus humain. Et si, à notre échelle, nous pouvons contribuer à réduire le bruit ambiant pour offrir un peu de clarté, alors nous aurons réussi notre mission.

— Léo

#design#startup#philosophie